Intel Core i7-8700K, Core i5-8600K, Core i5-8400 et Core i3-8350K en test

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Intel Core i7-8700K, Core i5-8600K, Core i5-8400 et Core i3-8350K en test

Message par haiethem le Lun 4 Déc - 9:31

Après une annonce un peu anticipée la semaine dernière, c'est aujourd'hui qu'Intel lance officiellement sa huitième génération de processeurs « Core », connue jusqu'ici sous le nom de code Coffee Lake. Une huitième génération particulière à plus d'un titre.
Jusque 6 coeurs, enfin !
Pour la première fois depuis les Core 2 Quad, Intel s'est enfin décidé à augmenter le nombre de coeurs proposé dans ses processeurs dits grand public ! Un événement puisque cela fait - tout de même - plus de dix années que le compteur restait bloqué à quatre.
Inutile de faire semblant sur la raison de ce changement, c'est bien évidemment le réveil de la concurrence qui a poussé le constructeur à revoir ses plans. Ils ont même été anticipés puisque Coffee Lake était prévu dans un premier temps pour l'année prochaine selon les roadmaps du constructeur qui filtraient avant le lancement des Ryzen.

Reste une question fondamentale, pourquoi 6 coeurs ? Avec Ryzen, AMD propose en effet jusque 8 coeurs pour un prix équivalent à l'actuel plus haut de gamme d'Intel, le 7700K. Et vous le savez probablement, sur les plateformes très haut de gamme, Intel n'a pas laissé à AMD la palme un peu futile du plus grand nombre de coeurs, en lançant un modèle 18 coeurs avec le 7980X.
Comme nous avions pu le voir dans le dossier consacré à Skylake-X, la question du nombre de coeurs doit être considérée non seulement avec celle de la fréquence, mais aussi avec celle de la consommation et du TDP. Sur le papier, se limiter à six coeurs peut permettre d'atteindre des fréquences plus élevées dans un TDP limité. AMD, avec son Ryzen 7 1800X et ses 8 coeurs le dépasse, après tout !
Est-ce pour autant suffisant pour rattraper le retard applicatif que l'on avait constaté entre les Ryzen et la génération Core précédente ? Et ce sans sacrifier l'avantage de performance dont ils disposaient dans les jeux ? C'est ce que nous allons essayer de voir dans ce dossier.
Une génération 6-ter
Au-delà de l'augmentation du nombre de coeurs, il n'y a aucun changement à noter côté architectural pour Coffee Lake. A l'image de Kaby Lake (génération 7) lancé en janvier dernier et qui n'était ni plus ni moins qu'un nouveau stepping de Skylake (corrigeant simplement quelques bugs dans son GPU intégré), Coffee Lake est également basé sur l'architecture Skylake lancée il y a deux ans.
Il n'y a pas non plus de changement à noter sur l'IGP même si, non sans humour, Intel met en avant des gains de performances… lié au lancement d'une nouvelle version de son pilote. Nous vous renvoyons au test de Skylake pour plus de détails sur les performances et possibilité de ces IGP.
Et des spécifications édulcorées
Avant de rentrer dans les détails, on se doit de pointer le fait qu'Intel a décidé de ne plus communiquer un grand nombre d'informations qu'il communiquait pourtant jusqu'ici. Impossible de connaître par exemple le nombre de transistors présents dans Coffee Lake, ni même la taille du die !
Après avoir mis en avant pendant des années les performances et la densité de son process, répétant régulièrement avoir deux années d'avance sur le reste de l'industrie, ce revirement de communication est pour le moins cocasse. Comme nous avons eu l'occasion de l'évoquer a plusieurs reprises, et Samsung et TSMCproposent aujourd'hui des process 10nm alors que celui d'Intel est toujours très en retard.
Et si le constructeur peut se targuer sur le papier d'avoir un 14nm presque aussi dense que le 10nm de ses concurrents, en pratique les SoC smartphones sont significativement plus denses, et pas qu'un peu. Un Core i7-6700K Skylake compte 1.75 milliards de transistors pour 122mm2. Le dernier A11 d'Apple (le SoC 6 coeurs des derniers iPhone), fabriqué en 10nm par TSMC compte 4.3 milliards de transistors… sur 89mm2. On comprend qu'Intel souhaite éviter la comparaison.
Officiellement, Coffee Lake utilise la troisième version du process 14nm d'Intel, baptisée 14++. Intel (comme tous les constructeurs) améliore en permanence ses process de fabrication, faisant évoluer son kit de développement (PDK) au fur et à mesure de sa maturité pour en tirer un meilleur parti. Intel n'a évoqué que des gains de performances entre les versions, même si parfois les mises à jour des PDK peuvent apporter de petits gains de densité.
Nous sommes surtout particulièrement circonspects devant l'autre caractéristique qu'Intel ne souhaite plus communiquer : la fréquence en charge sur tous les coeurs. Cela fait quelques temps que cette fréquence n'apparaît pas dans la communication officielle du constructeur (par exemple sur ARK ) qui n'évoque que la fréquence « de base » (la fréquence minimum garantie) et la fréquence Turbo maximale (sur un coeur). Comme nous l'avons vu sur Skylake-X, les fréquences Turbo ne sont pas forcément tenues afin de rester dans le TDP. On peut donc comprendre que pour ces modèles, Intel ne souhaite pas les communiquer. Nous verrons si Coffee Lake souffre ou non du même problème.
Notre plus gros problème vis-à-vis de ce silence est que toute donnée non communiquée est une porte ouverte pour l'overclocking automatique pratiqué de manière plus ou moins cachée par certains constructeurs de cartes mères. Quelque chose dont on ne peut légitimement pas se réjouir !
Intel lance officiellement aujourd'hui six références :

La répartition des coeurs évolue et désormais, on aura droit à six coeurs avec HyperThreading pour les Core i7, à six coeurs sans HT pour les i5, et à quatre coeurs sans HT pour les i3. Les Core i3 ne disposent pas de Turbo et fonctionnent à leur fréquence de base.
Pour ce test, nous avons mis la main sur quatre des six références :

  • Core i7-8700K 6C/12T, 3.7/4.3/4.7 GHz, 95W, 359$

  • Core i5-8600K 6C/6T, 3.6/4.1/4.3 GHz, 95W, 257$

  • Core i5-8400 6C/6T, 2.8/3.8/4.0 GHz, 65W, 182$

  • Core i3-8350K 4C/4T 4.0 GHz, 95W, 168$



Comme pour les gammes précédentes, seuls les modèles K peuvent être overclockés par leurs coefficients multiplicateurs. Ils se distinguent également par leur TDP de 95W là où les non K lancés aujourd'hui sont annoncés à 65W.

En ce qui concerne les fréquences en charge, on est à 4.3 GHz sur le 8700K lorsque les six coeurs sont actifs, c'est plutôt une bonne nouvelle d'autant que cette fréquence semble tenue y compris sous Prime95. Par rapport au 7700K, cela représente 100 MHz de moins seulement ce qui est de bonne augure pour les performances en théorie. On ne comprend donc pas vraiment pourquoi Intel la cache...
Côté concurrence, les nouveaux venus vont s'attaquer à la gamme Ryzen qui proposera en général plus de cores (physiques et/ou logiques puisque le SMT est actif sur tous les Ryzen) pour un prix équivalent, mais moins de fréquence. On verra donc comment ces compromis différents des deux côtés se comportent en pratique.

Notez pour la petite histoire que tous les Coffee Lake ne sont pas égaux. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que les modèles 4 coeurs, les Core i3, utilisent un die quatre coeurs qui porte, coïncidence forte, le même stepping que celui des Kaby Lake ! Intel nous a confirmé qu'il s'agissait bien d'un die 4C sur ces modèles (sans confirmer qu'il s'agit bien du même stepping que Kaby Lake, une information pourtant lisible avec tous les outils tels que CPU-Z ou HWiNFO !).
Un nouveau LGA 1151 incompatible !
C'est probablement la plus grande surprise, Intel a choisi pour cette nouvelle gamme de réutiliser le socket LGA 1151… en coupant toute compatibilité ! Physiquement le socket ne change pas avec ses 1151 broches, Intel utilisant simplement certaines broches « réservées » (non utilisées précédemment) pour le VCC.
Techniquement ce changement devrait permettre au minimum la compatibilité des anciens CPU sur les nouvelles cartes mères Z370 lancées pour l'occasion, mais ce n'est pas le cas. De la même manière on ne pourra pas utiliser un Coffee Lake sur un Z170 ou un Z270.
Ce choix est particulièrement curieux surtout quand l'on considère que les Coffee Lake Core i3 ne sont ni plus ni moins que des Kaby Lake/Skylake ! Ce bridage nous semble donc assez artificiel, d'autant qu'en ce qui concerne le chipset, il n'y a pas de changement, on retrouve le même PCH que sur les générations précédentes (Z170 et Z270).
En pratique si vous voulez profiter d'un Coffee Lake, il vous faudra vous équiper d'une nouvelle carte mère. Nous avons eu l'occasion d'en utiliser deux pour ce test.
Gigabyte Z370 Aorus Gaming 7
La première carte que nous avons utilisée est signée Gigabyte, c'est la carte que nous avons utilisé pour la totalité de nos tests à l'exception de l'overclocking. Il s'agit d'un modèle haut de gamme.

On retrouve trois slots PCI Express x16 physiques, dont deux sont reliés au CPU (le troisième fonctionne en x4, relié au chipset) ainsi que trois slots PCIe x1 physiques. On retrouvera entre les slots trois emplacements pour connecteurs M2 (deux 110mm et un 80mm).
Côté son, on retrouvera un Codec Realtek ALC1220 accompagné d'un DAC. Gigabyte fourni également la suite logiciel Sound BlasterX 720°.

Du côté de la connectique, on retrouvera deux ports USB 3.1, un Type-C et un Type-A pilotés par un contrôleur Asmedia. Les cinq autres ports USB sont tous de type USB 3. Outre les sortes son, on retrouvera un connecteur DisplayPort et un HDMI ainsi qu'un port PS/2. Notez enfin la présence de deux contrôleurs Gigabit Ethernet, un Intel… et un Killer E2500.
On retrouve d'autres petits artifices sympathiques comme les LEDs de déboguage ou un bouton pour allumer la carte mère. C'est surtout la présence d'un minuscule ventilateur sur les VRM qui nous émeu, sa qualité principale est qu'on pourra le débrancher facilement.
Asus Z370-E Gaming
Asus nous a également fourni une carte mère que nous avons utilisé principalement pour les tests d'overclocking.

On retrouve trois slots PCI Express x16, et comme toujours pour cette gamme deux sont reliés au processeur, le troisième en x4 au chipset. Quatre slots PCIe x1 sont également présents. Deux connecteurs M.2 sont également présents, le premier entre le CPU et la carte graphique et le second placé sous le radiateur du chipset. Ils peuvent accueillir des modèles de 80mm.

En façade arrière, on retrouvera deux ports USB 3.1, un Type-C et un Type-A animé sans surprise par une puce Asmedia. Deux ports USB 2.0 et deux ports USB 3.0 complètent la chose USB. Une bonne partie de la façade arrière est occupée par les connecteurs vidéo, puisque l'on retrouve en plus des classiques HDMI/DP un port DVI. En plus de l'audio, on retrouvera la présence d'un module WiFi 802.11ac/Bluetooth 4.2. Le connecteur Gigabit Ethernet est un Intel.
Overclocking en pratique
L'overclocking ne change pas vraiment chez Intel même si l'on aura noté quelques petites modifications. Il est toujours possible de choisir de régler la tension de manière fixe ou via un offset, mais nous avons eu quelques problèmes de lecture des registres VID via les logiciels tels que l'excellent HWiNFO.
Il est possible de régler indépendamment les coefficients Turbo en fonction du nombre de coeurs actifs (sur les modèles K disposant du Turbo, les i7/i5), ou de fixer la fréquence. C'est cette option que nous avons retenu, comme d'habitude. Intel ne nous ayant pas fourni de version de XTU adaptée (et nos expériences récentes avec XTU ayant été ce qu'elles étaient), nous avons effectué nos overclockings via le BIOS !
Nous utilisons Prime95 en version 28.10 en mode FFT 256k In-line. Pour réaliser ce test, nous utilisons un (énorme) radiateur Noctua D15 équipé de deux ventilateurs. Nous indiquons la tension (lue à la sonde), la consommation à la prise ainsi que mesurée à l'ATX12V. La température rapportée est celle des sondes internes du processeur, nous utilisons la sonde « Core Max » de hwinfo64 qui rapport la température maximale des coeurs (elle est généralement uniforme entre les coeurs).
Nous utilisons la carte d'Asus pour ce test qui a quelques particularités en termes d'overclocking par défaut. Voyons ce que cela donne !
Core i7-8700K
Comme nous vous l'indiquions précédemment, la bonne nouvelle est que la fréquence Turbo maximale (celle qu'Intel ne donne plus) est bel et bien tenue, y compris sous Prime95 ou l'on est à 4.3 GHz. L'autre chose à vous dire est qu'il ne faut pas trop se fier à la consommation et la température « par défaut » que nous avons obtenus sur l'Asus. A titre de comparaison, sur la carte de Gigabyte que nous avons utilisé pour les tests de performances et de consommation, la tension était 0.1V (!) plus basse en charge, avec un écart de consommation de 20 watts ! La température était également bien plus contenue, à 61°. Regardons plutôt l'overclocking !

Nous frôlons les 5 GHz en pratique mais notre échantillon n'a pas été stable plus de quelques minutes en a 1.38V. Dans ce cas, la consommation à la prise dépassait les 230W et la température grimpait assez fortement malgré notre massif D15. Cela reste une assez belle prestation pour un modèle 6 coeurs et si vous vous adonnez à l'overclocking, cela rend ce Core i7 8700K particulièrement attractif étant donné le potentiel beaucoup plus limité des Ryzen sur ce terrain.
Core i5-8600K
A l'image du 8700K, Asus applique aussi une tension assez forte par défaut sur le 8600K, on ne s'y fiera donc pas non plus :

C'est plutôt très bon également pour notre échantillon de Core i5-8600K qui monte même un peu plus facilement à 4.5 GHz que notre 8700K. Au delà, il faut un peu plus de tension en comparaison et l'on bloque à 4.8 GHz : même en poussant le Vcore jusqu'a 1.425 dans le BIOS (ce qui donne une tension lue de 1.376V avec les offsets appliqués), les 4.9 GHz ne sont pas stabilisés plus de quelques secondes. Cela reste excellent pour ce modèle tout de même.
Core i3-8350K
On termine notre tour d'overclocking par le Core i3-8350K. Sous son capot on retrouve un die Kaby Lake 4 coeurs, ce qui veut dire que l'on est en terrain connu. C'est l'occasion de voir si le process d'Intel a évolué par rapport à notre test du 7700K en janvier.
Pour rappel, le Core i3 ne dispose pas de mécanisme Turbo, tous les coeurs fonctionnent à un coefficient fixe indépendamment du type de charge (40x par défaut sur le 8350K).

On passe une fois de plus sur la tension par défaut très élevée, on pourra descendre confortablement la tension par rapport à ce qui est proposé ici. Pour la montée en tension/fréquence sinon, on retrouve un comportement qui n'est pas très éloigné de celui du 7700K lorsque nous l'avions testé.
Il est intriguant de voir que le Coffee Lake monte un peu plus facilement en tension, difficile à dire s'il s'agit du fait que le die Coffee Lake dispose de nouvelles optimisations dues au redesign nécessaire pour le passage de quatre à six coeurs, ou s'il s'agit juste d'un peu de variabilité. Le comportement n'est pas très éloigné de celui du 8600K ce qui peut laisser penser que la sélection joue plus qu'autre chose.
Dans tous les cas, le potentiel d'overclocking de notre exemplaire de Core i3-8350K est tout à fait intéressant !

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